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1er avril 2016 - Chazey-Bons, France

Retour en France

Et voilà, l’heure du dernier article est déjà arrivée. J’ai vraiment l’impression que les 6 derniers mois sont passés à toute vitesse…

Comme vous le savez peut-être déjà, la Yukon Quest s’est terminée de la pire des façons pour nous, avec la mort de Polar. J’ai encore du mal à en parler aujourd’hui, mais c’était vraiment un super chien, très courageux, et il va beaucoup nous manquer.

Après cela, je ne me sentais plus l’âme de continuer. C’était bien entendu une course, mais surtout une belle aventure collective, et je n’avais pas la force de demander encore des efforts à mes chiens.

Les jours qui ont suivis n’ont pas été faciles, mais je peux vous dire que j’ai été extrêmement touché par les nombreux messages de soutien qui m’ont été envoyés.

De retour à Whitehorse, les chiens ont eu le temps de bien se reposer et récupérer. Après seulement deux jours de repos, ils voulaient déjà tous y retourner. On a alors pu se faire deux dernières balades pour dire adieu aux paysages d’Annie Lake Road. Il faisait chaud, presque trop pour les loulous. Mais c’était agréable de voir un peu ce soleil qui nous a fuit tout l’hiver.

Pour ma part, je n’ai pas vraiment eu le temps de me reposer, car il a fallu organiser notre long périple pour faire rentrer les chiens en France. Cela signifiait de nouveaux certificats vétérinaires pour tout le monde, trouver de grandes boîtes de transport pour chacun, mais surtout aller jusqu’à Vancouver en camion pour pouvoir prendre un vol vers l’Europe.

Évidemment les chiens n’aiment pas du tout ces moments là, mais tout le monde était bien content de retrouver ou découvrir les parcs autour du chalet. Ça en change certains du piquet qu’ils ont toujours connu. Sul-Uk fait des farces à tout le monde et Youna profite de sa liberté avec son entrain habituel !

Je ne sais pas quelle sera ma prochaine aventure, mais je vais déjà commencer par prendre le temps de bien partager celle là avec vous sur les routes de France. Les chiens ont hâte de raconter leurs histoires, même si certains ont un peu tendance à en rajouter. Mais bon, c’est pour avoir plus de caresses !

14 février 2016 - Dawson City, Canada

La Yukon Quest, Jours 3 à 6

Après 48h de course, Sébastien arrive au checkpoint Central. Il droppe Bali car elle a un petit souci récurrent à l'une de ses articulations et ne semble plus avoir envie de repartir. Sébastien et son attelage continuent donc la course sans elle pour ne pas aggraver sa blessure. Ils arrivent à Circle après avoir parcouru 120 km d'un coup, sans bivouaquer sur la très humide Byrch Creek pour se reposer. Il arrive avec Neihru dans le traîneau. Après un peu de repos, Neihru a le feu vert des vétérinaires pour continuer.

Un peu avant minuit, Sébastien quitte donc le checkpoint de Circle avec encore 12 chiens. Mais il fait rapidement demi-tour pour dropper Neihru qui n’avait plus envie de continuer. Moins de 3 jours de course et déjà plus que 11 chiens ! Ruby, Digger, Frisbee, Izta, Harbor, Émeraude, Shirley, Gator, Eagle, Susitna et Polar. Mais pas de surprise car Youna, Neihru et Bali sont certainement les chiens que Sébastien s’attendait le plus à devoir dropper rapidement.

Jusqu’alors, la principale difficulté a été les nombreux overflows (eau qui remonte à la surface par dessus la glace), dus aux températures élevées pour la saison. Cela rend la piste plus dangereuse et oblige à changer les booties très souvent, mais Sébastien préfère cela aux -40°C qui ont frappé le début de la course l’année dernière !

L’équipe prend une pause de 5h à Slaven’s Roadhouse au cours de laquelle Sébastien doit se résoudre à dropper Ruby. Celle-ci s’était fait mal à une patte un peu avant le checkpoint Mile 101, mais avait pu continuer jusqu’alors. Laisser Ruby est une décision difficile car c’est le meilleur chien de tête.

Sébastien remonte ensuite sur les patins pour un run de 8h sur la Yukon River. Sans Ruby, il faut s’arrêter régulièrement pour changer les chiens de place et trouver la meilleure combinaison. Il passe beaucoup de temps à marcher en tête pour aider et guider son attelage. Il arrive alors à Eagle avec Polar et Digger comme chiens de tête. Le village isolé d’Eagle lui semble très beau et les paysages alentours splendides.

Sébastien franchit ensuite l'American Summit (1042 m d'altitude) et arrive à Clinton après un long run de 11h30. Une tempête de neige s’est levée en début de soirée, contraignant Sébastien, Tore et Gaétan (qui campaient à Clinton en même temps que lui) à rester une dizaine d’heures au bord de la trail. Ils doivent attendre de meilleures conditions météorologiques et le retour de la luminosité, car malheureusement, la piste a été effacée par la tempête de neige.

Ils repartent tous les trois en même temps avant que chaque attelage ne retrouve son rythme.

Mais une montée supplémentaire les attend. Le tracé d’origine a été dévié à cause du mauvais état de la Yukon River. La surface de la rivière est déformée par ce qu’on appelle ici des Jumble Ice. Ce sont de gros amas de glace, comme des petits icebergs, qui rendent la surface du fleuve difficilement praticable voir dangereuse. Voilà donc une très longue ascension vers la route fermée en hiver baptisée « Top of the World Highway ». Le parcours ne cesse de monter et descendre avant l’arrivée à Dawson, avec une piste vraiment mauvaise : verglas, dévers, grosses rafales de vents, poudreuse en quantité. Au sommet, le vent est si fort qu’on ne voit pas à un mètre. Les chiens ne sachant où aller, Sébastien les aide encore tout le long du parcours jusqu’à son arrivée à Dawson.

Le musher arrive donc soulagé à Dawson, bien content de pouvoir reposer les chiens pendant 36 heures. Tous les chiens droppés vont bien. Les regards sont désormais tournés vers Whitehorse, mais 750 kilomètres les séparent encore de l’arrivée.

08 février 2016 - Circle, Alaska

La Yukon Quest, Jours 1 et 2

Sébastien et son attelage ont quitté la ligne de départ de la Yukon Quest samedi 6 février à 12h à Fairbanks, Ruby et Digger en leader. Il porte le dossard n°23, il a donc été le dernier à s’élancer sur les pistes historiques de la ruée vers l’or…

Bien qu’il soit parti en dernier, Sébastien est arrivé le premier au checkpoint Two Rivers ! En effet, les autres mushers ont décidé de camper un peu avant le checkpoint. Les conditions étant favorables, avec de la neige fraîche et l’excitation du départ, les chiens sont allés vite ! Sébastien a franchi le Rosebud Summit (1109 m d'altitude) sans problème. Arrivé au checkpoint 101, Sébastien a préféré laisser la petite Youna à sa handleuse. Youna a montré des signes de fatigue et il a souhaité ne prendre aucun risque.

Il a ensuite franchi sans problème le Eagle Summit (1123 m d’altitude), réputé pour sa difficulté puis s’est reposé au checkpoint Central.

Sébastien réalise une belle course pour le moment. Il apprécie les magnifiques paysages qu’il traverse tout en prenant son temps pour ménager ses chiens. La piste étant glacée, les chiens ont tendance à aller trop vite. Sébastien est donc obligé de les freiner pour qu’ils ne se fatiguent pas.

(Photos : Julien Schroder)

05 février 2016 - Fairbanks, Alaska

La Minute Musher - Episode 8

Petit bonus juste avant le départ ! Un bestiaire de la faune du Yukon...

02 février 2016 - Whitehorse, Canada

Le métier de handler

Aujourd’hui, nous allons parler des travailleurs de l’ombre : les handlers !

Le métier de handler regroupe de nombreuses tâches qui consistent principalement à aider le musher à prendre soin des chiens. Tant qu’il a une petite meute, le musher peut encore s’occuper seul de ses chiens, même si cela signifie évidemment pas de vacances ni de grasses matinées. Mais dès que les chenils deviennent plus professionnels comme ici au Canada, avec des équipes A et B, des jeunes en devenir, des chiens à la retraite, on arrive facilement à plus de cinquante voire cent chiens !

Le handler va donc aider à l’entretien du chenil : préparer la nourriture, nettoyer les espaces des chiens, changer la paille… Il aide aussi à atteler le traîneau, mettre les harnais, les bottines. Le handler fait gagner énormément de temps au musher. Cela contribue aussi au bien-être des chiens.

Pour les courses, les handlers aident à préparer les sacs pour les checkpoints et à couper les snacks. Sur le parcours, ce sont eux qui ramassent la paille après les bivouacs aux checkpoints, ou récupèrent et s’occupent des chiens qui n’ont plus l’énergie de continuer. Bref, ils suivent la course en direct et ne dorment pas beaucoup plus que le musher ! J’ai vu certains couples ou l’un joue le rôle de handler sur une course, et les rôles sont inversés à la course suivante. Pour un musher, jouer de temps en temps le rôle de handler permet d’apprendre beaucoup, car c’est la place idéale pour observer tous les attelages.

Pour faire handler, il faut un véritable amour des chiens. Cela aide à tenir le coup car les handlers reçoivent malheureusement peu de gratitude. Les journées sont dures, il faut se lever tôt et se coucher tard. La récompense, c’est de pouvoir faire quelques sorties en traîneau et vivre un vrai hiver yukonnais. Dans les grands chenils, les handlers les plus expérimentés entrainent même des attelages entiers, ou prennent part à des petites courses pour habituer les jeunes chiens. Pour ma part, j’aurai reçu ici un gros coup de main de Coco et Andrea et j’en profite pour les remercier.

Souvent, les handlers sont des jeunes personnes qui viennent pour apprendre le métier de musher, accumuler de l’expérience et se rendre compte de certaines réalités. Est-ce qu’on veut vraiment avoir tous ces chiens à s’occuper ? Quelles conditions faut-il réunir pour participer à des courses ? Attention tout de même à bien choisir les mushers avec lesquels travailler, car on entend régulièrement des handlers très déçus qui ont beaucoup aidé mais peu reçu en retour…

29 janvier 2016 - Whitehorse, Canada

La Minute Musher - Episode 7

Ca y est ! Je suis qualifié pour la Yukon Quest ! Mais au fait, c'est quoi la Yukon Quest ? Dans ce nouvel épisode de La Minute Musher, je vous parle de son histoire, de ses caractéristiques et des paysages qu'elle traverse.

26 janvier 2016 - Two Rivers, Alaska

La Two Rivers 200

Deuxième « obstacle » sur la route de la Yukon Quest, je dois terminer une seconde course de qualification : la Two Rivers, 200 miles dans les environs de Fairbanks en Alaska.

Cette fois, je prends Harbor dans l’attelage à la place de Bali, car celle-ci n’est plus toute jeune. Comme je ne peux emmener que douze chiens, je réserve également Youna en vue de la Yukon Quest. Mais tout le monde monte dans le camion, car il y a le contrôle vétérinaire de la Quest, à Fairbanks, juste après la course. Youna verra donc l’Alaska en touriste… j’espère qu’elle a pris son appareil photo ! Je me demande si elle ne prépare pas un guide des meilleurs coins pipis du continent Nord Américain. Bref revenons à nos moutons comme disent les border-collies.

La course débute à Chatanika Lodge. Après un départ un peu chaotique — les chiens sont toujours surexcités au départ — nous franchissons un premier col au milieu des sapins. Il fait un bon -20°C et avec le vent, ça pique un peu les narines. Je suis assez tendu, car j’ai peur de quitter la trail. Il y a en effet beaucoup de pistes par ici, et avec la nuit qui tombe, je pourrais facilement rater un embranchement. Ruby et Izta font du bon travail devant et les chiens arrivent tranquillement au premier Checkpoint après 75 kilomètres.

Après quelques heures de pause, nous repartons pour une seconde étape. Quelques aurores sont visibles malgré la pleine lune, et nous remontons une rivière. L’humidité givre les museaux des chiens et les moustaches des mushers. Cinquante miles plus tard, nous voilà à Pleasant Valley, le second checkpoint.

Je me fais la réflexion que peu de mushers me doublent, et que je double peu. La différence se fait vraiment dans les checkpoints. Les meilleurs mushers sont efficaces dans chacun de leur geste, ne perdent pas une seconde quand ils snackent leurs chiens, quand il leurs enlèvent leurs bottines, quand ils vont chercher de l’eau pour la soupe. Cet univers des courses est nouveau pour moi, et je passe beaucoup de temps autour du traîneau, à m’occuper des chiens. Mais une fois que ma routine est terminée (snack, paille, bootties, soupe, massage), le mieux est de les laisser tranquilles. C’est là qu’ils récupèrent le mieux et sont alors plus vite près à repartir.

La troisième étape suit la rivière Chena. C’est une piste que j’aurais l’occasion de reprendre pendant la Quest… enfin, si j’arrive à terminer cette course. Les chiens vont super bien, ils ont le bon rythme. Quand je veux aller plus doucement, je place des leaders un peu plus ‘’lents’’ comme Neihru ou Digger. On perd alors un ou deux kilomètres/heure, mais je suis certain comme cela que les chiens ne puisent pas dans leurs réserves.

A Angel Creek Lodge, je ne suis plus qu’à 65 miles (102 kilomètres) de mon rêve : me qualifier pour la Yukon Quest. Mais j’ai peur de rater une grosse bifurcation sur le retour. Le genre d’incident qui complique tout, rajoute des kilomètres, du stress. Ajoutez à ça un chien qui se blesse ou une frontale qui rend l’âme et c’est comme cela que vous ratez une course.

Cette dernière étape est grandiose : technique dans la forêt, physique dans une grande montée qui nous fait prendre de l’altitude (et perdre encore quelques degrés au niveau du thermomètre). J’adore ces grandes montées où je peux aider les chiens au maximum en appuyant fort sur mes bâtons ou en poussant le traîneau en courant. J’ai vraiment l’impression d’être le 13e chien de l’attelage et de jouer pleinement mon rôle. La paille de mon thermos gèle et me voilà privé d’eau. Je commence à avoir hâte d’arriver, et les chiens aussi !

Nous franchissons la ligne un peu après minuit. Je suis content car je finis avec tous mes chiens… et nous sommes qualifiés pour la Yukon Quest !

Un grand merci à ma handleuse Coco, ainsi qu’à Andrea qui nous a aidé à préparer les sacs. Merci aux autres mushers qui sont très sympas quand on les croise sur la piste. Merci aussi aux bénévoles qui donnent des petits coups de main bien appréciables.

22 janvier 2016 - Two Rivers, Alaska

La Minute Musher - Episode 6

Dans ce nouvel épisode de La Minute Musher, consacré aux bivouacs, je vous montre comment j'installe les chiens pour qu'ils se reposent le plus possible entre deux étapes d'une course.

19 janvier 2016 - Glennallen, Alaska

La Copper Basin 300

Le week-end dernier, je me suis rendu en Alaska pour ma première course longue distance : la Copper Basin 300 Sled Dog Race. Cette course de 450 kilomètres était un passage obligé pour moi car c’est une course de qualification pour la Yukon Quest.

Avec 47 attelages, ce sont plus de 500 chiens qui ont pris le départ. J’avais tiré le dossard numéro 1, ce qui me rajoutait un peu plus de pression ! Moi, le rookie, j’allais ouvrir la trace devant des grands noms du mushing, des vainqueurs de l’Iditarod ou de la Quest comme Allen Moore ou Aliy Zirkle.

Qui veut aller loin doit ménager sa monture, et c’est seulement en prenant soin des chiens qu’on arrive à terminer ce genre de courses longues distances. Car en même temps qu’une course, c’est une expédition dans l’immensité de l’Alaska. Traversées de rivières encore ouvertes, pistes parfois verglacées, bivouacs dans la forêt, j’étais très inquiet avant de prendre le départ. Si je ne réussis pas ici, c’est toute l’aventure qui tombe à l’eau.

Comme je ne peux prendre que douze chiens, je pars avec Itza, Ruby, Gator, Neihru, Shirley, Susitna, Polar, Eagle, Émeraude, Frisbee, Bali et Digger.

Au premier checkpoint, je me suis déjà fait rattraper par Matt Hall, futur vainqueur, et Aliy Zirkle. Mais ils s’arrêtent quelques heures pour respecter leur stratégie. Ils jouent la gagne, alors que je ne cherche qu’à terminer avant le banquet. Je continue donc car les chiens sont bien. Tant pis, je bivouaquerai dans la forêt ! Sans le savoir, je fais donc un grand tronçon en tête… je me disais bien qu’il n’y avait pas beaucoup de traces sur la piste !

Heureusement, le parcours est très bien balisé. L’organisation a fait un gros boulot et je ne me perds pas. Je passe une première rivière ouverte sans soucis. Ruby n’a pas cillé quand elle a vu l’eau et tout l’attelage est passé sans se poser de questions. De splendides aurores boréales nous accompagnent jusqu’au checkpoint de Meier’s Lake.

Le lendemain, c’est sous le soleil que nous reprenons la piste jusqu’à Sourdough, le troisième checkpoint. Les chiens vont bien, et la douceur des températures me permet même de dormir quelques minutes avec eux dehors, sur la paille.

Les choses se compliquent sur l’étape suivante. Chaque fois que je repère un endroit potable pour bivouaquer, la place est prise. Je n’arrive pas à trouver un endroit idéal et nous continuons. Les chiens font une grosse étape, 120 km, ils sont incroyables ! Je peux enfin m’arrêter au dernier checkpoint, à Mendeltna.

La lodge est magnifique, toute en rondins. Je dors quelques heures après avoir soigné les chiens. Polar et Shirley ont des petites contractures. Je ne prends pas de risques et les laisse aux bons soins de Marcelle Fressineau. En plus de me conseiller et de m’héberger pour l’aventure, elle a accepté de jouer le rôle de handleuse sur les courses.

Il me reste 108 km à parcourir avant l’arrivée. Je repars donc avec 10 chiens, mais Bali n’a plus l’envie de continuer, et je la mets au chaud dans le traîneau après quelques kilomètres. Plus de problèmes jusqu’à l’arrivée, à part une dernière rivière à traverser.

J’arrive donc de nuit, soulagé mais fatigué. Je me classe finalement 19ème et peux profiter du banquet alors que les chiens dorment déjà. Un grand merci à eux !

15 janvier 2016 - Whitehorse, Canada

La Minute Musher - Episode 5

Dans ce nouvel épisode de La Minute Musher, j'explique comment les chiens nordiques résistent au froid et quelles précautions supplémentaires il faut prendre.

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